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Les clowns de ParcouRire le monde ont distillé leur bonne humeur et leur fantaisie tout au long du festival, marché compris ! Une joyeuse intervention préparée avec la « clownesse » Chantal Fourcault.

Les clowns de ParcouRire le monde sont habillés de couleurs vives et, bien entendu, équipés d’un gros nez rouge. Ils parcourent les rues du Thor, au milieu des festivaliers et des habitants qui font leur marché. Ils hèlent les uns, singent gentiment les autres, papotent avec tous…

Soudain on entend crier « C’est… » et le public reprendre à pleine voix : « C’est … ». Puis, tous en chœur s’exclament : « C’est pas du luxe ! ». Autour des clowns venus de l’hôtel social de Gagny (Seine-Saint-Denis), tout le monde joue le jeu et contribue ainsi à la dynamique du spectacle. Un des clowns me confie : « les spectateurs ont très bien participé, j’en ai oublié mon trac ».

Ce clown, je l’ai aussi croisé lors de mes promenades au cœur du festival, dans le village, qui se promenait avec un cadre de tableau – quatre bouts de bois vides – en compagnie d’une photographe. Ils interpellent les passants, les invitent à poser derrière le cadre, un portrait facétieux immortalisé par une photo. Samedi, dernier jour du festival, l’ensemble des photos prises –plusieurs centaines– se retrouvent accrochées à une corde à linge tendue entre les arbres de la place ! A chacun de se chercher et de retirer délicatement une image : la sienne, celle d’une connaissance ou d’un anonyme qu’on choisit pour sa drôlerie, son incongruité. Ce sont les traces du passage de ces clowns qui, l’espace de deux jours, auront donné du rire, à voir et à vivre, à tous ceux qui les ont approchés !

Ousman, un participant

« Ça m’a fait du bien d’intégrer cet atelier. C’est joyeux ! Quand tu as le fruit de ton travail, tu es fier, tu te sens bien. Je rigole et je parle avec tout le monde, c’est impressionnant. Et le clown tu le fais vivre toi-même. Tu rentres dans le jeu, c’est comme du théâtre. On fait des parcours durant une heure, en contact avec des gens à l’extérieur. Mais il y a une différence entre faire le clown dans le centre et à l’extérieur : voilà ce que j’ai appris du clown ! »

Jean-Michel, un participant

« Cette année, on travaille sur le clown relationnel, c’est-à-dire en relation avec les gens. Le clown que je représente c’est Chikito. Au festival du Thor on va présenter notre travail, on y travaille depuis presque un an. Avec mon expérience je peux parfois aider mes camarades. Il y a aussi des jours où c’est difficile… »

Chantal Fourcault, la clown animatrice

« J’ai découvert le clown en 2003, il y a 10 ans… mais il était chez moi depuis longtemps. Et ça a été une révolution. J’ai quitté mon travail pour me former et faire le clown. Je l’ai pratiqué dans les hôpitaux, auprès des enfants, des

personnes âgées… Pour moi, c’est une manière de se développer et de se dépasser personnellement. Les participants trouvent une satisfaction et ils donnent de leur énergie. J’ai envie que ça soit magique pour eux. Qu’il y ait des surprises et que ça donne envie de continuer. Pour des personnes qui n’ont pas de famille, qui n’ont personne, c’est formidable. C’est une autre reconnaissance du travail qu’ils font. »

Franck, alias « Bob »

« Ce qui m’a motivé depuis le début, c’est le déguisement. J’aime aussi échanger avec les autres, être un clown et non un accueilli, voir les personnes autrement car on est tous importants. Cet exercice nous apprend des choses, il permet au timide de pouvoir discuter, d’échanger des mots, des paroles. Au Thor, nous présentons le travail en groupe : chaque personne a mis sa touche personnelle. Ça nous rapproche aussi – on n’est pas si différents que cela – et ça nous conduit à voir les choses en commun. »

Hassan, alias « Le Chat »

« Au début, c’était dur de se dévoiler : le regard des gens, les rencontres lors des représentations, les problèmes de santé… Cela m’a beaucoup marqué et a changé ma personnalité. Faire le clown ça m’enlève tous mes problèmes, je n’y pense plus, je les laisse devant la porte. Cela assagit un peu et permet de vivre autre chose. Maintenant je bouge plutôt que de rester toujours enfermé chez moi. Mais j’appréhende beaucoup le fait de me produire devant un public ».

Leïla, résidente

« J’ai trouvé cet atelier amusant et j’aime faire rire les gens. Cela m’a aidée au niveau de ma timidité. Au sein du collectif, je suis un peu la « grande sœur ». Ça m’a rendue moins nerveuse, moins agressive et plus calme. J’oublie ainsi les soucis du quotidien. Ces activités m’évitent de tomber dans la dépression. En allant au Thor, j’ai le sentiment que je peux m’amuser malgré le fait que je me sente exclue de la société.. »

Houssoum, alias Ice

« Cette expérience me fait du bien psychologiquement et moralement. Quand on est en précarité, c’est important de voir qu’on peut encore faire quelque chose. Aller au Thor, c’est un honneur et une découverte, en groupe en communauté… Un moment où je pourrais faire mon clown … J’ai hâte d’y être et d’y présenter ce qu’on a travaillé ».

Christine BUREL

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