La Maison du 13e a fait peau neuve

Située dans l’enceinte de l’hôpital de la Salpêtrière dans le 13e arrondissement de Paris, la structure d’accueil de jour d’Emmaüs solidarité « la Maison du 13e » a déménagé dans des locaux situés à 50 mètres de son ancien emplacement, l’ancienne maison étant devenue très exiguë et vouée à la démolition dans le cadre d’un projet immobilier.

La proximité des gares d’Austerliz et de Lyon, du Jardin des plantes et des quais de la Seine a toujours fait de cet espace de solidarité et d’insertion un point de convergence de nombreuses personnes sans abri. Il est aussi connu que les services d’urgence des hôpitaux en période hivernale ou de mauvais temps,sont des endroits où se retrouvent un grand nombre de personnes à la recherche d’un abri. Les anciens locaux dotés de trois douches et d’un coin toilettes devenaient très étouffants.

Une ancienne crèche comme « cadeau de Noël »

Le 20 décembre 2015, les accueillis ont découvert avec une agréable surprise la nouvelle maison. Elle a gardé son jardin potager dans lequel ils font pousser des légumes, fleurs et plantes aromatiques au gré des saisons et sous les conseils du « jardinier » Gil, un bénévole de l’association Emmaüs solidarité. La maison comporte désormais une grande salle principale, de nombreux bureaux et une cour très spacieuse. Sur le plan pratique il y a désormais cinq cabines de douches et deux toilettes pour hommes et une salle d’eau composée d’une douche et d’un coin toilette aux normes pour handicapés, réservée aux dames. L’accès du bâtiment est aussi aménagé d’une rampe pour personnes à mobilité réduite.

« Nous avons à l’étage une salle de réunion qui continuera d’accueillir les soin en podologie prodigués par les étudiants de l’Ecole supérieure de podologie de Paris tous les lundis sous la supervision de leurs professeurs », nous dit Dieudonné Moussavou le chef de service qui continue : « Elle permet aussi comme auparavant l’intervention des bénévoles de l’association Estime de soi qui viennent tous les 15 jours pour les conseils et soins du visage et du corps aux accueillis qui le désirent. Chaque fois que cela sera possible, comme de par le passé, nous ferons intervenir des éducateurs spécialisés pour parler de l’alcool, la drogue, etc. Nous réservons une salle pour en faire prochainement une salle de repos. Cela évitera que l’on voie des personnes épuisées et dormant accoudées sur les tables ».

Témoignages

Le chef de service Dieudonné Moussavou: « Ici, l’accueil est inconditionnel. Nous avons comme partenaires la RATP par exemple qui a financé deux machines à laver et deux sèche-linge. La préfecture de police de Paris aussi intervint à travers la brigade d’assistance aux personnes sans abri (BAPSA) qui accompagne souvent vers nous des hommes ou des femmes retrouvés en situation de détresse. Nous faisons toujours une évaluation sociale qui reste bien sûr confidentielle et cherchons des solutions pour tous ceux arrivent ici ou alors nous les réorientons ou les informons ». 

Samir vient régulièrement à la maison du 13e : « Je suis hébergé sur la Péniche du cœur amarrée pas loin d’ici. Nous devons partir à 9h et ne pouvons revenir qu’à partir de 17h. Lorsque je n’ai pas de démarches à faire, je passe ici jouer aux échecs, prendre un café discuter, regarder la télé au lieu de traîner dans le froid ou sous la pluie ».

Eric, grande barbe blanche et moustaches fournies, le bonnet sur les oreilles, un gros sac au dos et plusieurs cabas dans les mains, passe la nuit autour de la gare de Lyon. « Ici, je peux prendre ma douche, être au chaud et je mange le midi au restaurant social de la mairie situé rue Baudricourt, à 20mn d’ici à pied. Dommage que ce ne soit pas ouvert le week-end. Cela éviterait que l’on squatte la gare de Lyon avec tous les vigiles qui nous chassent régulièrement. »

« Moi, je vis dans une tente à côté d’ici. Il arrive que je trouve du travail, nous raconte Alex, un Européen de l’est. Mais quand je ne travaille pas, c’est ici que je viens prendre ma douche et retrouver des amis qui vivent au bas des immeubles de la faculté de médecine. »

Julie me dit que vu sa santé fragile, elle est rassurée d’être près de l’hôpital. « En plus, je me fais bichonner les pieds. Je n’aurais bientôt plus de mycose ni de durillons aux orteils. Avec ma valise qui ne me quitte pas, je vais rarement dans les bibliothèques.Et dans les gares ou les stations de métro, j’ai peur d’être agressée. Mais quand il pleut les dimanches ou les jours fériés, c’est vraiment très dur parce qu’ici c’est fermé. »

La maison accueille en moyenne soixante personnes par jour et comporte une salle informatique entièrement équipée et qui sera connectée très prochainement, nous assure le chef de service. Sébastien, auxiliaire socio éducatif, résume ses sentiments : « ce n’est pas facile tous les jours, mais c’est très gratifiant quand on apprend qu’un accueilli a une situation qui s’est améliorée ».

A regarder l’équipe de la maison du 13e se démener quotidiennement pour répondre aux différentes attentes d’accueillis quelquefois nerveux, impatients et souvent désespérés, nous souhaitons qu’une telle structure ne soit surtout pas un brancard social porté à bout de bras mais plutôt un ascenseur allant de la rue… à la vie.

G. du Vent d’Autan

 

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