FOOTBALL À SEPT : L’ÉQUIPE D’EMMAÜS TIRE BRILLAMMENT SON EPINGLE DU JEU

Tous les mardis à partir de 18h, des hébergés et accueillis d’Emmaüs solidarité se retrouvent accompagnés d’animateurs socio-éducatifs de l’association sur un terrain de foot à la porte de Montreuil pour un entraînement. En plus de tous les avantages que peut procurer la pratique du sport, il s’agit là d’une expérience humaine très enrichissante à laquelle nous avons assisté.

L’équipe de football à sept d’Emmaüs solidarité est engagée dans le championnat de Paris de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Partie du bas du tableau, les «bleus» d’Emmaüs ont remonté le classement et se retrouvent en milieu de classement fin février, à quelques journées de la fin du premier championnat. La saison sportive de la FSGT en compte plusieurs.
La FSGT est une fédération omnisport crée en 1934 et a comme objectifs d’encourager la pratique du sport revenant le moins cher possible par l’engagement bénévole et promouvoir un sport ne se limitant pas aux seules performances techniques. Cette fédération compte parmi ses activités le sport de l’enfant, les activités en plein air et le sport de bien-être. Emmaüs solidarité est une des 4300 associations qui composent la FSGT et c’est dans ce cadre que sa très originale équipe de foot à sept participe au championnat de Paris.

Une équipe pas comme les autres
Le foot à sept se joue sur la moitié du terrain du foot classique. Il y a six joueurs de champ et un gardien de but par équipe. Le jeu se déroule pendant deux fois 30 minutes avec une pause de cinq minutes. Pour le reste, les règles sont les mêmes qu’au foot olympique. Pour la compétition, les matchs sont auto-arbitrés par les 14 joueurs.
En plus d’être des footballeurs, les coéquipiers d’Emmaüs ont en commun d’être tous accueillis ou hébergés par l’association. Cela constitue déjà à notre avis une prouesse que des personnes en difficulté puissent constituer une équipe qui arrive à s’entraîner régulièrement, jouer des matchs et surtout en gagner. Autre particularité, et de taille, l’équipe est coachée par une femme, Sophie Raggio. Mieux, elle a gagné sept matchs d’affilée à partir du moment où elle a pris en main les entraînements et les sélections en vue des matchs.

Début de championnat difficile

Toufik Azzi animateur à la maison du 13e et responsable du regroupement des joueurs reconnaît : « nous avons eu des difficultés au départ parce qu’il était difficile de regrouper les volontaires qui voulaient jouer au foot. Il y a des joueurs qui vivent dans la rue, d’autres sont en hébergement d’urgence. Ils doivent aller tous les soirs aux points d’attente des bus du recueil social. Ils abrègent leur entraînement ou ne peuvent souvent pas participer aux matchs qui ont lieu autour de 21h. Et puis il y a les équipements qu’il faut amener aux entraînement et aux matchs, s’occuper de la propreté des maillots, s’assurer que tout le monde aura des chaussures à sa taille… Et nous n’avions pas d’entraîneur. Mais depuis, avec les bons résultats, nous sommes prêts à continuer et nous trouvons toujours des solutions aux problèmes qui se posent parce que les joueurs sont motivés malgré toutes leurs difficultés. Des liens se sont créés entre les joueurs, et entre eux et des personnes avec qui ils ont fait des matchs. Le sport au niveau de la FSGT permet vraiment la mixité sociale et la convivialité».

Une coach expérimentée

La sélectionneuse et entraîneuse de l’équipe, elle, évolue à l’Éducation physique et populaire de la Gervaisienne (EPPG) au Pré-Saint-Gervais et y entraîne une équipe de foot de jeunes filles. Nous lui avons demandé s’il n’était pas difficile pour une femme de coacher une équipe d’hommes vu que le milieu du foot a la réputation d’être machiste. Elle répond : « Je n’ai pas de difficultés particulière à entraîner des hommes. Je n’entends pas jusque là de propos déplacés ». Par ailleurs doctorante en biologie, la coach de l’équipe d’Emmaüs est titulaire de la certification d’entraîneur délivré par la Fédération française de football (FFF). Sophie Raggio continue : « Le plus difficile est de réunir les jours de matchs ceux qui s’entraînent régulièrement à cause de problèmes extra-sportifs sur lesquels nous n’avons aucune prise. Nous faisons donc tourner au maximum les joueurs sur les postes afin de pallier les absences quand il y en a. »

Des initiatives à encourager

L’équipe est classée 8e sur 17 à la fin de ce championnat et souhaite continuer à s’entraîner pour participer dès le mois septembre 2016 à la coupe départementale et au championnat de Paris de foot à onze de la FSGT.
En ce qui concerne les entraînements, il faut dire qu’il est difficile d’avoir un terrain à Paris pour deux heures par semaine à des moments ou les encadreurs et joueurs sont disponibles. Cette activité demande aux animateurs et au coach un très fort investissement, y compris personnel. Davantage de concertation entre eux et les responsables des activités sportives d’Emmaüs solidarité serait sûrement utile pour aplanir les difficultés qui subsistent, et soutenir l’engagement de l’encadrement et la motivation des joueurs, que nous avons constatés en nous rendant à plusieurs entraînements et matchs. Quant à nous, nous avons trois mots à dire : ALLEZ LES BLEUS!!! Et à l’occasion du 8 mars nous disons : vivement une sélectionneuse et entraîneuse pour les Bleus de l’équipe de France !

G. Du Vent d’Autant

Mise à jour du 15 décembre 2016 : trois joueurs d’Emmaüs solidarité ont été recrutés par l’Etoile sportive club.

Renseignements : Toufik Azzi, Maison du 13, 01 77 37 12 30, b-maison13@emmaus.asso.fr

Des matchs auto-arbitrés

L’auto-arbitrage se pratique en général au sein d’une même équipe qui s’entraîne. Elle est scindée en deux camps qui s’affrontent. Cette pratique permet aux uns de s’initier aux règles de jeu et aux autres d’approfondir leurs connaissances. Lorsqu’une faute ou une action supposée comme telle est commise, le jeu s’arrête. Le joueur »fautif » reconnaît sa faute qui est réparée et le jeu continue. Quand il y a litige, une discussions argumentée s’engage quitte à arrêter le chrono. On se met d’accord après s’être expliqué. D’où le côté pédagogique de la pratique. Dans les cas extrêmes, on pratique « l’entre-deux » qui consiste à faire rebondir la balle entre deux joueurs adverses et c’est reparti. L’auto-arbitrage exclut la mauvaise foi et la triche et réduit fortement la violence sur les terrains tout en apprenant aux sportifs les règles en vigueur. Reconnaître sa faute, accepter qu’elle soit réparée dans l’intérêt du collectif, n’est-ce-pas là une belle leçon de vie? Au foot à sept sous l’égide de la FSGT, cette leçon s’apprend à tous les matchs.

FSGT, 14-16 rue Scandicci, Pantin, 01 49 42 23 19, accueil@fsgt.org

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