« Ici, il n’y a pas de différences »

Je suis venu par hasard à Emmaüs solidarité, un souffle de vent m’a amené à l’Etape ivryenne. J’y ai rencontré des personnes différentes à un moment où j’avais besoin de voir des gens, de parler. J’ai trouvé des personnes d’origines différentes : des Arabes, des Africains, des Asiatiques…

Et moi, qui suis-je ? Blanc, noir, métis ? Par moment, je ne sais pas quelle est mon origine mais peu importe car parmi les gens que j’ai trouvés ici, personne ne le demande. C’est très intéressant, je trouve. Là, dans ce monde où je suis arrivé, comme moi, personne ne te demande qui tu es, d’où tu viens, quelle est ta nationalité ni pourquoi tu es là, quelles circonstances t’ont amené ici… J’ai été reçu en toute amitié par tout le monde. Je me suis senti à l’aise.

Parfois je m’éloigne et quand je ne viens pas, ça me manque parfois. J’y retourne et la sensation est étrange : j’ai l’impression que je retrouve ma famille et je me sens bien. Même quand je ne parle pas. Comme dans un temple. On sent la bonne volonté des gens ici. Entre nous, on se confie des secrets, car on se sent comme une famille. Demain je reviendrai avec la même joie de les retrouver.

Je vois que les gens ont connu des situations différentes. Je vois parfois des visages de personnes qui souffrent et je me sens « privilégié ». Je peux souffrir d’une autre façon mais certains souffrent plus que moi. Cela se voit qu’ils sont, dans leur vie, dans une sorte de détresse mais quand ils rentrent ici ils se sentent bien. Certains restent des heures juste pour être « dedans ». Et moi je me demande « pourquoi moi », même si pour moi, ça va pas, il y a pire que moi. Alors j’essaie de communiquer avec les gens. Parfois c’est difficile car certains parlent des langues que je ne parle pas. Et qui ont besoin de parler. On essaie au maximum de communiquer même avec des signes. Malgré tout, ici, les gens ont du réconfort.

Avec le recul, je vois les choses d’une façon différente. Autrefois j’étais photographe de presse. Pour différentes, raison, j’ai abandonné. J’ai vu des choses horribles et je sais ce que c’est la souffrance des gens. Quand je suis venu ici, j’ai vu des gens qui ont du passer par des choses horribles et qui sont, ici, soulagés d’une certaine façon. Ils trouvent un certain réconfort. Je vois dans leur regard que ça leur fait du bien. Je regarde de loin, et cela me fait du bien de voir que d’autres personnes aident ces gens-là.

J’aimerais bien en faire autant mais je ne bouge pas encore.

Miguel Angelo Cartolini

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