Samir : la musique envers et contre tout

Samir Chikhi
Samir Chikhi

« J’ai baigné dans la musique depuis toujours, je l’aime depuis mon enfance en Kabylie. J’ai commencé à l’apprendre à l’école primaire. Je chantais devant toute la classe. Je me souviens, une maitresse me disait : « si tu chantes dans les autres matières [que le cours de musique, NDLR], je te donne des points en plus ». Mais je chantais pour le plaisir…

A l’age de 13 ans, j’ai commencé à apprendre un instrument, la mandole. C’est mon cousin Moustapha qui me l’a offert. J’ai quitté l’école. Je voulais faire de la musique et j’avais des problèmes avec ma famille. Un jour mes on a reçu une convocation parce que j’étais absent à l’école. Je suis parti me cacher dans la forêt. On m’a cherché pendant une semaine. Mais il n’y avait pas de nourriture alors je suis retourné à la maison. Mes parents avaient eu peur. Mon père m’a pardonné.

Et j’ai quitté l’école. Mon père m’a acheté une vache. Je m’en suis occupé mais je voulais faire de la musique. Je me suis acheté une guitare. J’ai commencé à en jouer et j’ai tout de suite aimé… En un mois je savais jouer. J’ai un don pour ça.

J’ai pris les chansons des grands artistes kabyles (Slimane Azem, Idir, Matoub Lounes) et je les ai jouées. A 19 ans, comme j’aimais la poésie, j’ai composé une chanson. Je l’ai chantée à un ami. Il ne croyait pas que c’était moi qui l’avais écrite. Cela parlait d’amour.

Il m’a dit : « présente-toi, à la chaine de radio 2, il y a une émission pour les artistes amateurs, écris-leur ! ». J’ai écrit et au bout de deux mois l’animateur de l’émission, Medjahed Ahmid, un grand artiste, un « monument » énormément respecté, m’a répondu, il passait 10 chanteurs en une semaine. J’avais vraiment le trac.

J’ai chanté à la radio, le public content et Medjahed Ahmid aussi. Je suis retourné dans son émission cinq fois. Cela m’a permis d’enregistrer un CD de six chansons, intitulé JSK (Jeunesse sportive kabyle), qui est sorti 2004. Je vivais bien. Je jouais dans des spectacles, des fêtes, des mariages… Je chantais dans le style chaabi, le style des fêtes kabyles…

En 2006 j’ai enregistré un autre album dont le titre veut dire « Hommage à la fille des montagnes ». Je suis passé à la télévision nationale deux fois…

Et puis je suis venu tenter ma chance en France. On disait : « Paris c’est la capitale de la culture ! ». C’était difficile pendant les premiers temps. Maintenant ça va mieux,je suis en contact avec les associations kabyles. Je me fais connaître un petit peu.

A l’avenir, j’aimerais… devenir une star, pourquoi pas ? C’est un rêve. Il faut rêver, c’est ça la vie ! Toutes mes chansons parlent d’espoir.

Elles parlent aussi des problèmes de la vie mais aussi de notre culture -par exemple de Matoub Lounes, et de notre langue, parce que je suis fier d’être kabyle. J’ai écrit de nouvelles chansons je cherche des studios pour enregistrer. J’ai toujours ma mandole à coté de moi. »

Samir Chikhi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s