Le 19 avril 1967 à Boston, elle l’a fait !

Katherine Virginia Switzer en 2011

Jusque dans les années 1960, beaucoup de sports étaient interdits aux femmes, notamment les sports de combats, les jeux de balle ( football, handball, basketball…), la course à pied. Cela pour des raisons fallacieuses. Des médecins misogynes et charlatans de tous bords prétendaient qu’une femme n’avait pas l’endurance nécessaire à la pratique de certains sports. Des pseudo scientifiques affirmaient aussi que le sport déréglait le système hormonal de la femme, que la course à pied ferait bouger l’utérus et rendrait les femmes stériles, etc. Une jeune étudiante de Syracuse (USA) a, par son courage et sa détermination, mis à bas toutes ces allégations.

Katherine Virginia Switzer a 20 ans lorsqu’elle décide de prouver qu’une femme peut courir le marathon de bout en bout et ne s’en porter que mieux. Elle engage alors les services d’un coach dans le dessein de participer au marathon de Boston le 19 avril 1967.

Déjouer la vigilance des organisateurs

L’épreuve est interdite aux femmes et les organisateurs ne tarissent pas d’imagination pour en écarter celles-ci. Un numéro officiel donne droit à la participation à la course. Pour l’acquérir, il faut envoyer par la poste un certificat médical nominatif avec votre adresse. Tous les prénoms féminins sont alors repérés et le numéro refusé. Katherine Virginia fit établir son certificat médical sous le nom: « K.V Switzer ». K pouvait signifier Ken, Kevin, Karim… et V, Victor, Vincent, etc. Les organisateurs dans tous les cas prirent  » K.V Switzer  » pour un homme et lui attribuèrent le numéro officiel 261. Une autre difficulté demeurait car avant la course il était soigneusement vérifié qu’aucune femme n’était sur la ligne de départ. Pour passer inaperçue, la jeune fille enfila un survêtement très ample qui dissimulait assez bien sa poitrine et ses formes féminines. Elle se fit aussi une coupe de cheveux « à la garçonne ». Elle prit ainsi le départ du marathon sans encombre, accompagnée de son coach.

Rocambolesque parcours

Des images qui ont fait le tour du monde (Harry Trast/ AP images)

Après quelques kilomètres, des journalistes, cameramen et photographes remarquèrent la présence d’une femme parmi les coureurs, Elle portait en plus un numéro officiel ! Ils se ruèrent pour saisir l’événement au point de perturber la course. Un responsable de l’organisation, M. Semple, décida de mettre fin à la course de Katherine en l’immobilisant pour lui arracher son numéro. Il fut vigoureusement mis à l’écart par le coach de la marathonienne et d’autres coureurs, sous les applaudissements du reste du peloton et des spectateurs. De nombreux marathoniens se relayèrent aux côtés de la jeune fille pour la protéger tout au long du parcours, mais aussi pour l’encourager.

Au bout de 4 heures et 20 minutes, Katherine Virginia Switzer franchit la ligne d’arrivée dans les crépitements des appareils photos, sous l’œil des caméras et les hourras des spectateurs. Dans le monde entier les journaux titrèrent : « Une femme a couru le marathon de Boston ». Les images du malheureux M. Semple bousculé furent vues sur la planète entière.

Les débats concernant la participation des femmes aux sports de leur choix s’envenimèrent. Mais le bon sens finit par l’emporter. En 1972, le marathon de Boston est ouvert aux femmes et en 1984, les femmes peuvent courir le marathon olympique. K.V Switzer est journaliste et écrivaine. Elle a couru son dernier marathon aux championnats du monde d’athlétisme d’Athènes en Grèce en 1997. Elle avait 50 ans!!!

G. du Vent d’Autan

Le marathon

Le premier marathon a été organisé aux jeux olympiques d’Athènes de 1896 pour commémorer un exploit qui aurait eu lieu en 480 av JC. Après la bataille de Marathon, ville grecque que les Perses assiégeaient, mais d’où ils furent repoussés, un messager grec du nom de Philippidès, partit de Marathon en courant pour annoncer la victoire à Athènes, distante d’une quarantaine de kilomètres. Philippidès réussit à porter la nouvelle mais mourut immédiatement après d’épuisement.

Le marathon resta réservé aux hommes jusqu’en 1984 aux jeux olympiques. La distance à parcourir est de 42 kilomètres et 195 mètres. Certaines métropoles urbaines comme Paris organisent annuellement un marathon. Dans ce domaine les marathons les plus célèbres sont les « world marathons majors » (Tokyo, Boston, Londres, Berlin, Chicago et New York ). L’épreuve est aussi courue lors des différents championnats du monde d’athlétisme. Un marathon peut être exclusivement féminin ou réservé aux hommes, mais la plupart de ces courses sont mixtes avec trois classements. Un classement pour les hommes, un autre pour les femmes et un classement général. Concernant ce dernier classement, les premières femmes sont classées entre la 10ème et la 20ème place. Mais l’écart avec les champions masculins se resserre année après année. On estime que de nos jours la participation en général des femmes aux marathons est de 45% des coureurs mais aux Etats-Unis elles ont été en moyenne 58% à participer aux marathons en 2016. Il n’est pas exclu que dans un avenir proche une femme remporte un marathon mixte.

G. du Vent d’Autan

Une réflexion sur “Le 19 avril 1967 à Boston, elle l’a fait !

  1. cbaniala 30 novembre 2017 / 1705 17

    Mesdames, Messieurs,J’accuse bonne réception du nouveau numéro de journal papier EtMaPaRoLe.Et j’ai pu décortiquer l’ensemble des articles a sa juste valeur avec une vision partagée en tant, que écrivain dudit journal.Cordialement,Clément BANIALA

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s