Samir : la musique envers et contre tout

Samir Chikhi
Samir Chikhi

« J’ai baigné dans la musique depuis toujours, je l’aime depuis mon enfance en Kabylie. J’ai commencé à l’apprendre à l’école primaire. Je chantais devant toute la classe. Je me souviens, une maitresse me disait : « si tu chantes dans les autres matières [que le cours de musique, NDLR], je te donne des points en plus ». Mais je chantais pour le plaisir…

A l’age de 13 ans, j’ai commencé à apprendre un instrument, la mandole. C’est mon cousin Moustapha qui me l’a offert. J’ai quitté l’école. Je voulais faire de la musique et j’avais des problèmes avec ma famille. Un jour mes on a reçu une convocation parce que j’étais absent à l’école. Je suis parti me cacher dans la forêt. On m’a cherché pendant une semaine. Mais il n’y avait pas de nourriture alors je suis retourné à la maison. Mes parents avaient eu peur. Mon père m’a pardonné. Lire la suite

Clément un combattant de la lutte contre les exclusions

150624_0432Clément Mounkala Baniala, de nationalité congolaise (République du Congo),  est ancien stagiaire de l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes). Il a fait des études en renseignement et communication téléphonique (niveau quatre) au centre de formation et de réadaptation professionnelle de Nanteau-sur-Lunain. Actuellement, il est hébergé au centre Emmaüs Solidarité Louvel-Tessier dans le 10e arrondissement de Paris.
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Dauphin, aigle, cobra, baleine, la vraie nature de Fakir

Si j’étais un poisson, je serais un dauphin. Je suivrais les bateaux qui naviguent sur les flots… Ça me rappelle la traversée de la Méditerranée entre l’Espagne et le Maroc en bateau. On les voyait sur l’eau.

Si j’étais un oiseau, je serais un aigle pour survoler les cieux et voir des horizons plus lointains qui me rapprochent de ceux que j’ai quittés dans le passé.

Si j’étais un serpent, je serais un cobra pour danser au son de la flûte d’un fakir.

Si j’étais un mammifère, je serais une baleine, je serais le plus grand, comme Bill Gates !

Si j’étais une forêt, je serais la forêt amazonienne, pour vivre comme les indiens, libre, dans la nature.

Si j’étais une saison, je serais le printemps pour pouvoir m’épanouir comme une fleur.

Si j’étais une partie du corps humain, je serais le cœur pour donner plein d’amour aux personnes qui en ont besoin.

Fakir Abderrahmane

25 ans de précarité pour Sufi Mohamed

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Sufi en 2015

Sufi Mohamed AKTARUZZAMAN est né à Tangail au Bangladesh. Il a 56 ans aujourd’hui. Entré en France en 1988  a l’âge de 31 ans, il avait demandé l’asile politique mais celui-ci lui a été refusé. Avec une vie de famille instable et une vie à la rue il a obtenu son premier titre de séjour en 2011 c’est -à- dire après 25 ans. Nous décrivons  ici son parcours jusqu’à ce jour.

VIE DE FAMILLE

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Sufi en 1986

Quand il est arrivé en France en 1988 à l’âge de 31 ans, il avait laissé toute sa famille, sa femme et ses trois enfants au Bangladesh. En France il avait rencontré une autre femme qui avait déjà un enfant qu’il a élevé, puis en 1993 ils ont eu une fille avec elle.

Ils sont tous partis de Paris vers Perpignan entre 1997 et 1999 parce qu’à Paris ils  avaient un problème de logement.

En 1999 il est retourné seul à Paris et sa femme est resté à Perpignan avec les deux enfants : Ça été la cause de leur séparation.

PRÉCARITÉ AGGRAVÉE ET PROBLÈMES ADMINISTRATIFS

Entrée en France en 1988  a l’âge de 31 ans, il avait demandé l’asile politique mais celui-ci lui a été refusé en 1990.

Sufi le 12/12/2012
Sufi le 12/12/2012

En 1991 il  demande la régularisation de ses papiers et il a reçu un rejet. En 1997 il fait la demande de régularisation pour dix ans de présence, malgré la circulaire de régularisation des sans papiers ça été refusé. Le refus avait pour cause que ces documents officiels c ‘est-à-dire que le passeport ne lui appartenait pas et sa fille qu’il avait eut avec la Française n’était pas sa fille.

Au total il a eu 24 convocations de la préfecture et de 2006 a 2009 il a reçu 13 récépissés, après en 2009 il a reçu un autre rejet.

Il est resté un moment sans espoir jusqu’à septembre 2011. Il fait une nouvelle demande le 31 mai 2012 et a reçu encore un  récépissé de 4 mois. Le 15 novembre 2012 enfin il obtient son premier titre de séjour. 25 ans après il a reçu son titre de séjour et a enfin été autorisé à travailler.

LA VIE DANS LA RUE

Le 13 novembre 1999 il est tombé dans la rue et ne connaissait rien sur les centres d’hébergement, ni du 115.

Quelqu’un lui a donné l’adresse de la mie de pain où il a été hébergé pendant 1 mois. Après 1 semaine,1 mois parfois il dormait partout de gauche à droite. Jusqu’à 2001 un centre lui envois à Emmaüs pour y rester 1 à 6 mois jusqu’à à la fin de la trêve hivernal.

Après  six épuisés le centre était fermé  il commençait à être hébergé  dans d’autres centres tantôt 1 semaine tantôt un mois.

Début janvier 2002, il a  été hébergé  par la Haltes, ATLAS et encore Emmaüs dans un de ces centres à l’hôpital.

Depuis le 1er février jusqu’aujourd’hui »hui il est  hébergé chez Emmaüs solidarité. En 2008-2009, après les travaux de réhabilitation du centre Pereire il est orienté dans d’autres centres. Ce n’est qu’en juillet 2010 date des fins travaux qu’il est revenu au centre Pereire jusqu’à ce jour.

CE QU’IL A APPRIS A EMMAÜS

crédit photos: Sufi Mohamed
crédit photo : Sufi Mohamed

Malgré qu’il était dans la rue hier  et dans le centre de stabilisation de Emmaüs solidarité aujourd’hui, il a suivi beaucoup de formation une dizaine par là, grâce à Emmaüs solidarité:

  • Cours de Français à l’ AFB Emmaüs Solidarité
  • Atelier numérique et montage de photos Emmaüs Solidarité Pré Saint Gervais
  • Atelier de cuir Emmaüs Solidarité Pré Saint Gervais
  • Atelier jardin et nature Emmaüs Solidarité Pré Saint Gervais
  • Atelier citoyenneté  à l’ AFB Emmaüs Solidarité

Emmaüs l’a beaucoup aidé et il a acquis plusieurs expériences qui complètent celles qu’il avait auparavant depuis 1976 en micro-crédit et micro-entreprise, système unique  au Bangladesh.

Il remercie Emmaüs et toutes son personnel et les formateurs.

SES PERSPECTIVES ET SON PROJET

Il a un projet d’autoentrepreneur et il vient d’avoir son registre de commerce depuis le 30 avril 2013.

Monsieur Sufi Mohamed AKTARUZZAMAN conseille aux personnes en situation de précarité de ne pas se décourager car des solutions existent pour chacun de nous.

Portrait Fait par Thimoté